Artisanat : William forge son destin

William Leclercq est ferronnier d’art, depuis six ans, il façonne le métal à sa guise pour donner corps à ses idées.

Minot, William tâtait déjà le fer. « Je faisait plutôt de la métallerie. Couper et souder. Je me suis fait des appareils de musculation, quand j’étais gamin je faisais plein de choses comme ça. J’avais un poste à souder que mon père m’avait laissé, un peu de matos, donc je me suis débrouillé, en autodidacte, un peu à l’arrache parfois, mais il a suffit de pas grand chose pour apprendre ». Pourtant, il aura fallu attendre d’avoir la quarantaine et un accident de la vie pour que ce touche à tout arrête de « bricoler » et se lance « sérieusement » dans la ferronnerie.

J’ai toujours trifouillé le métal

« Gros bricoleur », William Leclercq a « toujours trifouillé le métal », mais pas seulement. Ebéniste, tailleur de pierre, le désormais forgeron aime travailler de ses mains et n’a pas eu peur de reprendre des études au cours de sa vie. Après son service militaire, il se lance dans un CAP tailleur de pierre. Plus âgé que ses camarades de classe, il n’a « pas réussi à raccrocher la différence d’âge avec la différence de motivation. J’ai fait en trois semaines, ce qu’eux avaient fait en 6 mois. J’avais même des commandes de particuliers ».

« Les roses, il ne faut pas se leurrer, il y a eu trois moutures avant »

Il poursuit sa carrière dans l’industrie, car même si « le travail manuel [lui] plaisait », William a « une vie à construire ». La sécurité a pris le dessus sur la passion, mais le 2 juillet 2011 va faire basculer sa vie. Victime d’une double embolie pulmonaire, le Montdidérien voit son poste changer au sein de l’entreprise. « Recasé » en logistique, un domaine qui ne lui plaît pas, il profite d’un plan de départ pour quitter l’industrie et retourne de nouveau sur les bancs de l’école pour y apprendre la ferronnerie en 2014. « Quand je suis arrivé à l’école, il n’y avait qu’une chose que je ne maîtrisais pas, c’est qu’il fallait toujours laissé la baguette dans le bain de fusion ».

La forge à Bill

Diplômé quelques mois plus tard, il se lance à son compte le 2 juillet 2015. Un beau « pied de nez » calendaire, quatre ans jour pour jour après que sa vie ait basculé. William voulait « changer les choses ». S’il forge des pièces usuels, il ne s’agit que d’un travail « alimentaire » pour l’homme de 51 ans qui aspire à bien plus. Avec La forge à Bill, Bill étant le diminutif de William, le ferronnier laisse exprimer sa part d’artiste. « J’ai toujours été branché par le côté artistique, sans me le reconnaître, ça ne fait que quelques mois, en entendant des gens me le dirent que je l’assume ».

Un buste tout droit sorti de l’imagination de William

Cela fait maintenant quatre ans, qu’il sillonne les routes pour exposer ses œuvres dans les marchés et les expositions. William, dont la soif d’apprendre n’a pas été consumé par le temps, propose désormais des démonstrations publics. Il sculpte, imagine et explore toutes les facettes de son art pour donner vie à son univers. « Je pense avoir la possibilité de créer des choses différentes, la seule chose c’est qu’à un moment on a fait le tour de soi même, ce sont les autres qui vont m’amener à créer de nouveaux chemins ». La plus grande satisfaction personnelle de William, « c’est lorsqu’une personne vous commande quelque chose et que vous lui amenez, vous voyez alors ses yeux pétiller de joie.»

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Julien Benesteau

Crédit photos Elie Leber dicila.media

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