Photo en route le balado

Strasbourg - Stockholm à trottinette

Le 16/11/2021 0

Dans Stranger

A 25 ans, Francis Létocart, jeune animateur radio à France Bleu, a entrepris un périple en trottinette freestyle de 2 000 km au travers de l’Europe du Nord, arrivée prévue début décembre à Stockholm.

Parti de la place Kléber à Strasbourg, l’Amiénois prend le temps d’être à l’écoute des citoyens des pays traversés (France, Allemagne, Danemark, Suède). Un parcours ambitieux pendant lequel Francis doit faire preuve de volonté et d’adaptation.

Un parcours mêlant communication et radio

Ancien étudiant amiénois, Francis est natif de Doullens. Après avoir obtenu un BTS communication à Amiens, il terminera son cursus au sein de l’Institut National de l’Audiovisuel. «Ce qui m’a beaucoup construit c’est d’apprendre le métier d’animateur sur le tas, en faisant de la radio associative, en commentant des matchs à Amiens ou même en écrivant des articles pour Gazette Sports. Les médias associatifs m’ont vraiment permis de faire mes armes. »

Des souvenirs pleins la tête

Grand passionné de sport, il garde le Coliseum comme l’un de ses endroits favoris. «J’adorais aller voir les matchs de l’Amiens Picardie Handball. J’y passais presque tous mes week-ends, ce sont des bons souvenirs». Le Picard, à la fois journaliste et sportif, est également adepte du floorball. Il a pu y jouer à Amiens, Rennes et Strasbourg.

Il sourit : « sur mon sac de voyage à la place d’un bâton de randonnée ou de marche nordique, j’ai mis une crosse d’unihockey, c’est pour rester dans l’originalité et l’insolite jusqu’au bout».

Francis, GlobeTrotter à deux roues

Parti le 18 septembre de Strasbourg, il rejoint l’Allemagne fin septembre. Des journées fatigantes dues à ses longues étapes pouvant dépasser les 100 kilomètres en une journée. Pour autant, Francis arrive à profiter du voyage pour faire des activités et rencontrer les habitants.

«Je fais des pauses pour écrire, faire des reportages et également pour me reposer car c’est important de récupérer. Je ne pourrais pas être tout le temps sur les routes sinon je n’aurais rien à restituer, ni aucun repos pour mon corps. J’essaie de trouver les petites spécialités typiques à tester, et j’en fais des vidéos sur ma chaîne Youtube. Mi-octobre j’étais à Dortmund, ville jumelée à celle d’Amiens, il y a un célèbre club de football, le Borussia, j’ai pu voir un match, et je n’ai pas été déçu car l’ambiance est exceptionnelle».

Francis Letocart

" Pour atteindre mon objectif, je dois effectuer chaque jour une quarantaine de kilomètres (...)"

Le 03 novembre lorsque nous l'interviewons, Francis est au Danemark et plus exactement à Nordborg sur la rive nord de l’île d’Als. « J’ai parcouru depuis mon départ plus de 1 000 km. Il m’en reste environ autant à effectuer pour arriver à Stockholm. Je devrais y arriver début décembre. J’aimerais quitter le Danemark le plus vite possible pour arriver en Suède.

Francis devrait arriver à destination fin novembre, début décembre. Ni en avance, ni en retard, il a tout de même consciences que le chemin serait encore assez long et qu'il s'annonçait plus rude, "ce qui va être un peu plus dur c'est la traversée de la Suède car je vais m'avancer dans l'inconnue et le climat risque d'être plus rigoureux. Je ne sais pas si la Suède est aussi bien équipée en piste cyclable que l'Allemagne et le Danemark"

Beaucoup de bonheur accompagné de quelques imprévus

Qui dit aventure, dit dormir chaque jour dans un nouvel endroit. Notre grand aventurier à trois solutions pour dormir : l'hôtel, le bivouac et enfin chez l'habitant. Heureusement, l'application Warmshowers donne la possibilité de trouver des hôtes pour dormir chez l'habitant.

Francis nous raconte une anecdote : "par exemple hier soir j'ai dormi dehors. J'étais à Damme, et je n'avais pas envie de m'arrêter. Personne ne m'avait répondu sur l'application, donc j'ai voulu me rapprocher de Brême. J'avais à peine rechargé ma batterie externe, mon téléphone et ma lampe frontale que j'ai effectué 35 km en pleine nuit de 22h à 3h. Il ne faisait ni chaud ni froid. A 3h je n'avais plus de lampe frontale, donc pour moi c'était suicidaire de continuer ma route. J'ai donc décidé de camper sur un terrain de foot. J'ai posé ma tente, le temps de la monter et de m'endormir il était 4h du matin. A peine une heure après, il y a eu une belle averse donc j'ai vraiment eu de la chance. J'avais un peu peur car ma tente était un peu déchirée à cause d'une chute en trottinette, mais j'ai pu la réparer avec un petit kit.”

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Francis a eu d'autres soucis, notamment de trottinette. En effet, portant un sac de 24 kilos sur le dos, ainsi que son propre poids sur celle-ci, il y avait forcément des risques de soucis techniques.  Dès le second jour de son périple, après une vingtaine de kilomètres, son axe de trottinette s'est desserré et la moitié de celui-ci est partie, heureusement l'autre partie est restée sur la fourche de la trottinette, mais il ne pouvait plus rouler. ”A l'hôtel, j'ai remplacé cette pièce manquante par une vis d'une poignée de porte de douche, mais cela m'a permis de continuer ma route. Cette simple pièce m'a permis de faire plus de 1 000 km et elle tient". Il a également déjà perdu un frein à cause de l'usure et abîmé une paire de chaussures qui avec le freinage a fondu. 

Ces quelques imprévus sont accompagnés de quelques blessures. Il arrive à notre aventurier de chuter lorsque le sol est glissant, "j'ai déjà chuté sévèrement, heureusement rien de cassé mais je dois redoubler de vigilance lorsqu'il y a de l'humidité".

Le manque de son pays natal 

Malgré sa soif d’aventure, Francis a tout de même en tête son retour en France. En effet, dialoguer facilement grâce à sa langue maternelle est une grande richesse. “Ce qui me manque le plus c’est la langue française. J'aimerais retrouver des français et pouvoir rire et échanger plus simplement. Les longs repas en famille ou entre amis qui durent des heures ou les périodes de fête. Et vraiment ce que j’aimerai le plus c’est manger des crêpes et une bonne baguette française. La baguette est incontestablement la meilleure en France”.

“La langue française est un bien précieux”

Francis s'est réellement rendu compte de ce manque en Allemagne. Après y être resté plus d’un mois, il avait hâte de quitter le pays pour en découvrir un autre.  “ J’en avais marre d’être en Allemagne. Quand j’étais vers Hambourg je me suis senti un peu déprimé. Il n’y avait pas la mer, il y avait de moins en moins de français donc je pouvais difficilement dialoguer. Je commençais à me sentir seul. J’avais hâte de quitter le pays. J’avais l’impression de faire du sur place. Ça m'a fait comprendre que la langue française est un bien précieux car c’est ma langue maternelle. Au Danemark, par exemple, j’ai tout de suite côtoyé des gens. Je me suis installé dans un chalet fin octobre avec plus ou moins de confort. Le premier soir j’ai rencontré les créateurs de ses abris, ils ont fait une petite soirée et ils m’ont offert un repas. C’était sympa nous avons discuté en anglais”.

Carte itineraire strasbourg stockholm le balado

Ce périple qui nous est conté par Francis constitue un réel défi personnel qui demande à la fois courage et force mentale. Tel un vrai globe-trotteur, embarqué dans une expérience inédite au guidon de son deux roues, nul doute que pour lui, la fin de l'aventure sera aussi enrichissante que son début. Et qui sait, à son retour, peut-être entendra-t-il au fond de lui l'appel du voyage bien souvent ressenti par les voyageurs après leurs aventures...

Sur Youtube : https://www.youtube.com/channel/UCoUwzW4kEAMKP7RWh2VzeQA

Sur Instagram : Francis Létocart (@francis_ltc) 

Sur Facebook : https://www.facebook.com/LeBalado/

Rédaction
Julie Michel 

Crédit photo
Francis Létocart

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