Art : Un festival de bruits et de couleurs

Si le Festival international de Jardins, aux Hortillonnages cet été, fait ouvrir grand les yeux des visiteurs, on en prend aussi plein les oreilles grâce aux « hortillophones » de Raphaëlle Dusquesnoy. Ou comment entendre au-delà de ce qu’on l’on voit…

Pas étonnant qu’elle soit ingénieure du son de formation ! Raphaëlle Duquesnoy est née à Lens, elle a grandi entre le bassin minier et la baie de Somme et s’est installée dans la région nantaise. C’est à elle que l’on doit les gros cornets acoustiques répartis dans trois lieux : deux à l’étang de Clermont, un sur l’île aux Fagots. Son objectif, quand elle a répondu à l’appel à projets ? Amplifier certains sons présents dans les Hortillonnages mais que le promeneur, comme l’habitué des lieux, ne prennent pas forcément le temps d’écouter et encore moins d’identifier. « Je focalise beaucoup mon travail autour de l’écoute, en général avec des installations électroniques. Mais ici, le défi était de travailler sans électronique » explique l’artiste acousticienne. « Les cornets acoustiques font par exemple référence à Tintin, avec le Professeur Tournesol qui en utilise un ». Ici, les chants des oiseaux. Là, le bruissement des feuilles. Là-bas, les coups de sifflet sur les quais de la gare etc. Raphaëlle Duquesnoy donne ainsi à « entendre au-delà de ce que l’on voit ou bien ce que l’on ne prend plus le temps de voir ». Habituée à la baie de Somme, elle « aime aussi l’aspect ornithologique très sonore des Hortillonnages ».

Cornets acoustiques ou hauts-parleurs ?

Ses machineries acoustiques ont été réalisées en céramique. Hasard d’une rencontre avec un céramiste, Olivier Chouteau, originaire du Mans et artiste pluridisciplinaire. « Le rendu est intéressant car la céramique est un matériau très dense, aux propriétés acoustiques qui aident à amplifier le son » dit-elle. Le hasard a donc bien fait les choses. « Les installations sur le site correspondent à ce que j’avais imaginé au départ mais les réactions du public m’étonnent souvent… » confie celle à qui « l’émerveillement des visiteurs fait bien sûr plaisir » alors que « le réflexe qu’ont certains de crier dans les cornets est un peu perturbant, mais pourquoi pas… » rajoute une artiste pas fermée aux surprises car elle admet volontiers qu’on puisse confondre ses cornets acoustiques avec des hauts-parleurs…

Vincent Delorme et Léandre Leber. Photos Dicilà Elie Leber

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