Culture : Aryane a renoué le fil de sa vie

Artiste trentenaire venue du hip-hop, Aryane se sent épanouie à Amiens où elle écrit et où elle a noué un solide réseau amical et professionnel. Ce qui lui permet de préparer un EP réunissant ses nouveaux titres. Sortie prévue après l’été.

Amiens, Aryane l’a découverte « pour la musique ». C’était il y a trois ans, par l’intermédiaire d’une amie, qui travaillait pour Festiv’art, festival interdisciplinaire amiénois. « Je ne pense pas faire ma vie ici car je cherche toujours le soleil, mais je veux m’ancrer à Amiens pour développer mes projets, lance celle qui explique s’être plus facilement intégrée qu’à Limoges », dix ans plus tôt. Peut-être est-ce lié à ce qui l’a frappé ici ? « Le nombre de trentenaires qui vivent toujours en coloc ! J’ai l’impression que la coloc est dans les mentalités à Amiens. Du coup, la sociabilisation se fait facilement ». Plus aisément selon elle qu’à Limoges où elle avait débarqué la vingtaine insouciante, en provenance de Metz où elle pratiquait la danse hip-hop.

Coup de foudre artistique

« A Limoges, où je suis arrivée pour une histoire de cœur, j’ai fait mes premiers pas dans la musique et j’écrivais déjà, mais je n’assumais pas » reconnaît Aryane qui, au pays de la porcelaine, découvre le rap. « C’était cool, j’ai bien évolué musicalement là-bas » se félicite-t-elle, décidée à sortir enfin son EP, un album regroupant ses chansons les plus abouties. Il s’agira de « création pure », avec un compositeur. En l’occurrence avec Ronan Mézière, l’un des deux membres d’Edgär, duo électro-pop amiénois. Avec lui, Aryane avoue « un coup de foudre artistique. C’est la première fois que je travaille avec un compositeur comme ça… Je ne croyais pas que ce serait possible ! J’ai vraiment le rendu que je veux, musicalement et artistiquement ».

« Inspirée par ce qui me touche »

Comment Aryane travaille-t-elle ? « Déjà, l’inspiration je la trouve dans ce qui va me toucher. Avec l’expérience, j’ai appris à la cultiver en moi. Une rupture vécue récemment a fait ressortir des chansons sur les difficultés relationnelles. Je pianote chez moi sur un clavier, des accords, mes lignes de chant, mon texte, les refrains. Puis avec Ronan, on garde mon a capella et on crée tout l’univers musical. Pour la production musicale, j’ai besoin qu’on m’encadre car les instrus que je fais ne sont pas écoutables (rires) !! ». Pour Instagram, je prends les productions musicales sur Internet et je travaille directement dessus. Comme elles ne sont pas libres de droits, je n’en fais pas d’exploitation commerciale. Je laisse le nom du beatmaker dessus ». Alors que sur l’EP en préparation c’est de la création originale de A à Z. « Et la sensualité sera davantage présente, promet Aryane. Même si j’ai aussi une chanson sur le deuil, un piano-voix ».

L’EP d’Aryane prévu pour septembre

Si elle se ménage « un ou deux jours off par semaine » et qu’elle se dépeint comme pouvant être « hyper sociable mais aussi parfois très renfermée », Aryane s’astreint à un rythme plutôt intense : « Je vois Ronan régulièrement pour l’EP. En studio, on peaufine après un premier jet de cinq titres. On finalise déjà ceux que l’on est sûr de prendre. L’EP devrait être finalisé fin avril et j’aimerai le sortir à la rentrée, en septembre ».

Les clips avec Ivory Concept

Concernant la partie visuelle, l’ancienne vendeuse de chez Hema, près de la Gare d’Amiens, a fait appel à d’autres Amiénois : le studio Ivory Concept, à Camon. « Avec eux, je travaille sur les clips Instagram. Tournage, montage. Et sur la mise en page des réseaux sociaux ». Justement, Aryane pense suivre bientôt une formation de community manager. « Les réseaux, il ne suffit pas de claquer des doigts pour que ça marche ! ».

« Je n’aime pas trop le terme de féminisme »

Une autre activité occupe également Aryane : « je travaille beaucoup sur moi, depuis des années. On peut appeler ça du développement personnel. Et ça va des pratiques énergétiques au yoga – très ponctuellement – en passant par des stages sur le féminin sacré (*) ». Alors féministe, l’artiste issue du hip hop et du rap, réputés si souvent machistes ? « Je n’aime pas trop le terme de féminisme, explique Aryane. Cela sous-entend qu’il y a un problème… ». Et elle poursuit en demandant si l’on parle d’« hominisme » ?

Fille réussie plutôt que garçon manqué !

En plein dans l’actualité sur la question du genre, Aryane ne cache pas qu’elle s’interroge : « je suis femme de naissance et par mes attributs, mais suis-je aussi une femme par mon essence ? Plus jeune, je m’habillais en survêt, on appelle ça un garçon manqué. Eh bien non, je n’ai pas manqué d’être un garçon ! Je suis une fille réussie qui ne s’habille peut-être pas selon les codes ». Récemment, une photo d’elle, « en débardeur sans soutien-gorge, prise par une amie photographe et que j’avais postée sur Instagram, a pas mal fait réagir ». Notamment une femme lui reprochant d’être dans la séduction. « Est-ce qu’on dirait ça d’un homme ? Une femme devient tout de suite un objet désirable. C’est flatteur, mais non, stop ! » s’enflamme Aryane, trouvant, qui sait, matière à une prochaine chanson ?

(*) : le féminin sacré correspond à la partie de chacun reliée à la mère. Et par extension cela évoque l’énergie capable de propulser les femmes au sommet.

Pendant un mois, retrouvez chaque semaine une illustration sonore d’Aryane.

Pour aller plus loin, découvrez le clip d’Aryane, Secret, ainsi que ses goûts et couleurs.

L’instagram et la chaîne youtube d’Aryane



Reportage : Léandre Leber
Rédaction : Vincent Delorme
Photos : Léandre Leber
– Dicilà

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