Culture : L’âge d’or livre tous ses secrets à la maison de la culture

La MACU propose de se plonger dans l’une des œuvres majeures de Cyril Pedrosa, l’âge d’or. Prévue l’an dernier, l’exposition, est enfin ouverte au public jusqu’au 10 octobre.

À l’étage de la maison de la culture, inaugurée par André Malraux en 1966, se niche l’exposition « l’âge d’or, une épopée politique ». Fruit de la collaboration entre l’auteur de BD Cyril Pedrosa, et la scénariste Roxanne Moreil, l’âge d’or est une fable médiévale politique. Marie-Luz Ceva, commissaire de l’exposition, a dialogué avec Roxanne Moreil pour mettre en lumière la dimension engagée de l’œuvre.

Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil, créateurs de l’âge d’or

Les fresques majestueuses de l’exposition content cette légende d’un « âge d’or, où vallées et montagnes n’étaient entravées d’aucune muraille. Où les hommes allaient et venaient librement… » Un temps révolu, au moment où l’héroïne de l’histoire, la fille du roi défunt, Tilda, s’apprête à monter sur le trône. Mais un complot fomenté par son jeune frère la condamne à l’exil. Guidée par des signes étranges, Tilda décide de reconquérir son royaume. C’est le début d’un long périple. Alors que le peuple, guidé par la légende de l’âge d’or, prépare une révolution.

Le béguin pour la ZAD

Marie-Luz Ceva propose de « rentrer dans le récit de ce livre monde » par son héroïne. Tilda, derrière ses traits épurés, se révèle être un personnage féminin pluriel et imparfait. A l’image du reste du récit, les aspirations de l’héroïne font écho au climat actuel. Le premier tome de l’âge d’or est paru en 2018. Le couple d’auteurs, a été marqué par la lutte de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes contre la construction d’un nouvel aéroport aux abords de la ville de Nantes. Les manifestations contre la loi Travail, auxquelles Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil ont pris part, participent à forger l’esprit révolutionnaire dépeint dans l’ouvrage. D’autres références historiques telles que les béguinages ont inspiré la communauté de femmes dans laquelle Tilda et ses amis sont recueillis.

La mer est agitée, mais les visiteurs sont bercés par la musique d’Edward Perraud

Quelques œuvres du musée de Picardie et du Frac, savamment choisies, viennent éclairer le propos de l’œuvre. Un espace hors du temps, parsemé de transats, bercé par l’album du jazzman, Edward Perraud, invite à laisser aller son imaginaire après la visite. Une pause parfaite avant de se plonger dans les influences graphiques de l’œuvre, avec « la fabrique de l’âge d’or », dans la salle Giacometti. L’objectif pour Marie-Luz Ceva est de « montrer le chemin emprunté par les auteurs dans la conception, les références visuelles, du Moyen-Âge et plus contemporaine sur lesquelles ils s’appuient ». L’exposition donne à voir la réflexion derrière la colorisation de l’œuvre, les premières esquisses de la princesse, ou encore les différentes évolutions du scénario.

Au cœur de la fabrique

Tout au long de la durée de l’exposition, la MACU tentera de « rendre accessible le contenu aux personnes en situation de handicap ». Un système de pictogramme existe d’ores et déjà pour faciliter la compréhension des visiteurs. Pour les plus petits, un espace coloriage et un puzzle géant à l’entrée du bâtiment les occupera.

Toutes les informations pratiques sur le site internet de la Maison de la culture.

Julien Benesteau

Crédits photos : Jorge Fidel Alvarez – RdvBD Amiens

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