Culture : « Made in Bangladesh » de Rubaiyat Hossain (Critique)

Ce film raconte l’histoire d’une couturière de Dacca au Bangladesh qui lutte pour créer le premier syndicat de femmes.

Primé lors du 39e festival international du film d’Amiens, Made in Bangladesh a remporté le prix spécial du jury fiction et le prix du public. Avec 4,5 millions de salariés dans le secteur textile, dont 80 % de femmes, les ouvrières sont en première ligne dans une société patriarcale répressive. C’est tout le sujet de Made in Bangladesh. Ce film de la réalisatrice Bengalie, Rubaiyat Hossain revient sur les conditions ouvrières des femmes au Bangladesh. Une thématique féministe qui évoque le précédent film de la réalisatrice « Les Lauriers-roses rouges »

Synopsis : Shimu, 23 ans, travaille dans une usine textile à Dacca, au Bangladesh. Face à des conditions de travail de plus, en plus dures, elle décide avec ses collègues de monter un syndicat, malgré les menaces de la direction et le désaccord de son mari. Ensemble, elles iront jusqu’au bout. 

Pyramidefilms

Un combat de femme

Un silence agrémenté de bruits de machine à coudre, un atelier de textile uniquement composé de femmes. C’est sur cette note que commence le film “Made in bangladesh”. Un emploi de couturière qui au vu des ventes de textiles dans le monde, devrait être gratifiant, mais qui ne l’est pas du tout. L’exploitation représentant le seul mode de fonctionnement établi, Shimu va tenter de garantir ses droits à l’aide d’un collectif de défense des droits des femmes. Suite d’un incendie à l’usine qui remets en cause leur condition de travail. “Tu as été payé ? Tu parles, ils sont juste bons à s’engraisser sur notre dos » s’offusque l’une des collègues de la jeune femme. La réalisatrice a cherché à travers ce film à dénoncer les pratiques douteuses appliquées au travail dans ce pays. Mais également à mettre la lumière sur des faits d’injustices dont nous préférons nier l’existence. Faisant croire que les clients occidentaux ignore tout des conditions de travail déplorable de ses femmes tant que les prix proposés défi toute concurrence. 

Bande annonce

Made in Bangladesh représente une sorte de lettre ouverte destiné au monde. Cherchant à rappeler que le monde entier ne vit pas sous les mêmes règles. Et que l’ensemble que des biens que l’on possède son issue de quelque part. La question à se poser, c’est où ? Et dans quelle condition, ces femmes et ces hommes sont-ils employés ? Un film qui évoque un peu l’époque des “Demoiselles du téléphone” qui réclamait elles aussi des droits. Cependant près d’un siècle sépare ces femmes. L’atelier de textile se dit pris au piège par un système économique qui favorise l’esclavagisme. La situation de Shimu est si compliquée qu’elle donne envie d’y croire. Cette histoire, fait écho, a tellement de pays dans le nom figure sur l’étiquette de vos vêtements après le “Made in…”.

Made in Bangladesh

Prix du public et mention spécial du jury fiction lors du 39 ème festival international du film à Amiens

Genre : Drame
Réalisatrice : Rubaiyat Hossain
Acteurs : Rikita Shimu, Novera Rahman, Parvin Paru
Pays : Bangladesh
Durée : 1h35
Sortie : 4 décembre 2019
Distributeur : Pyramide Films

Ayant aucune envie de vous spoiler et cherchant à vous donner envie d’aller regarder ce film, je m’arrête ici pour l’histoire ! N’hésitez pas à nous faire part de votre avis sur le film en commentaire. 

La liste des autres critiques de films du festival international du film à Amiens :

Joshua Alouane et Youssrah Mahadali

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