Tourisme : Les jardins Le Sidaner, un havre de paix bucolique, ambiance 1900

Gerberoy (Oise), classé parmi les plus beaux villages de France, vaut le détour pour son architecture et son fleurissement. Les Jardins Henri Le Sidaner en sont une belle illustration et représentent à eux seuls une bonne raison de découvrir ou redécouvrir cette commune située à une soixantaine de km d’Amiens. Visite guidée.

Cela fait douze ans que les Jardins Henri Le Sidaner sont ouverts au public à Gerberoy. Et c’est à Dominique Le Sidaner, sa petite-fille « par alliance » précise-t-elle modestement, que l’on doit la chance d’y accéder. « J’ai voulu les ouvrir pour transmettre » dit-elle. Henri Le Sidaner, peintre post-impressionniste (1862-1939), fit l’acquisition de cette propriété, située dans les ruines du château, dans les premières années du XXème siècle. Il entreprit alors d’y aménager des jardins dits « à l’italienne », étagés en terrasses et ouvrant de larges perspectives. « Le peintre a beaucoup travaillé ici » indique la maîtresse des lieux en faisant visiter un site, classé « Jardin remarquable » depuis 2013 et qui saisit d’emblée le visiteur par sa verdure et ses couleurs éclatantes. « Le peintre », comme l’appelle inlassablement Dominique Le Sidaner sans jamais citer son nom, a été inspiré par « le thème des tables, des peintures intimistes mais sans présence humaine. Des tables desservies, que les convives viennent juste de quitter… »

« Un endroit très romantique »

Et là, c’est toute une (Belle) Epoque qui ressurgit ! « On sent cette douceur de vivre, de la tendresse aussi. Et comme le peintre aimait beaucoup peindre au crépuscule, il a fait un important travail sur la lumière, à l’intérieur comme à l’extérieur de la maison ». Dominique Le Sidaner nous emmène alors dans son endroit préféré, « sous les charmilles (*), entre la Roseraie et le Jardin Jaune et Bleu. Les charmes sont aujourd’hui centenaires, ils forment une voûte avec une très belle vue sur le Temple de l’Amour et sur le Pays de Bray. Un endroit très romantique, où l’on peut déguster une coupe de Champagne, le soir venu » confie malicieusement la propriétaire.

Record de fréquentation

Les Jardins Henri Le Sidaner représentent donc une belle idée d’escapade pour citadins cherchant un havre de paix ! Les Amiénois comme les Franciliens. Durant le confinement, « nous avons eu la chance d’être situés dans la limite des 100 km autour de Paris » reconnaît Dominique Le Sidaner. Au lieu d’ouvrir comme chaque année à partir du 1er mai, il a juste fallu patienter trois semaines. « Le 21 mai, nous accueillions nos premiers visiteurs de l’année, bien aidés par notre présence sur vivreparis.fr et par une très bonne couverture médiatique. Tout cela nous a amené énormément de monde, de quoi compenser l’absence des visites guidées organisées pour les personnes âgées, qui arrivent d’habitude par cars entiers. D’ailleurs nous n’avons pas reçu un seul groupe cette année… » constate la propriétaire. Mais les restrictions dues à la pandémie de Covid-19 n’ont pas empêché le site de « battre des records de fréquentation ». 

Dominique Le Sidaner



« Comme si le peintre allait arriver avec sa palette… »

Les lieux se sont encore embellis en 2020. « Nous avons remplacé les rampes en bois par des rampes en fer forgé et restauré le petit bassin qui se trouve dans le Jardin Jaune et Bleu » détaille celle qui explique que Les Jardins Henri le Sidaner sont ni plus ni moins sa « passion » et qu’il lui arrive « de prendre des photos avant de les comparer aux oeuvres du peintre. Le site est tellement ressemblant qu’on a l’impression qu’il va arriver avec sa palette. On est hors du temps, comme si nous étions en 1900 » précise, songeuse, Dominique Le Sidaner.

Vincent Delorme et Léandre Leber. Photos Dicilà Elie Leber

Pour Dicilà, Dominique Le Sidaner, propriétaire des Jardins Henri Le Sidaner, à Gerberoy, a accepté de dévoiler quelques unes de ses préférences :

Un livre : « Immanquablement, A la Recherche du Temps Perdu, de Marcel Proust. Il a comparé le narrateur à Henri Le Sidaner, qualifié de peintre idéal »
Une série : « Chez Maupassant car plusieurs épisodes ont été tournés ici, à Gerberoy ». Chez Maupassant compte trois saisons et 24 épisodes, diffusés sur France 2 de 2007 à 2011. Certains épisodes ont été écrits par Philippe Claudel, réalisés par Claude Chabrol. En 2010, Gerberoy accueillit par exemple le tournage d’épisodes dans lesquels jouaient Philippe Chevallier (sans Régis Laspalès), Julie Ferrier ou encore Judith Henry. L’intégrale de Chez Maupassant est disponible dans un coffret de 4 DVD édités par France Télévisions Distribution
Une musique : « Forcément quelque chose de l’époque impressionniste. Debussy peut-être… ». Pour l’anecdote, Claude Debussy, mort en 1918, était né en août 1862…comme Henri Le Sidaner
Un plat : « La ficelle picarde, j’adore ! » (rires)



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