Gastronomie : L’Ilot-Miel, de profs à apiculteurs il n’y a qu’un pas

Ensemble dans la vie, comme au travail, Sébastien et Matthieu sont les fondateurs de l’Ilot-Miel. Au départ simple hobby, l’apiculture est en passe de devenir leur activité principale.

Début avril quand nous les avons rencontrés dans leur jardin des hortillons, Matthieu professeur des écoles et Sébastien professeur d’économie et gestion s’affairaient à nettoyer leurs ruches avant la rentrée scolaire. « C’est le travail de l’hiver » précise Sébastien.

Un hiver prolongé par les basses températures qui empêchent les abeilles de butiner le précieux nectar dont elles ont besoin pour faire du miel. Conséquence, l’activité du rucher est en berne, ce qui n’inquiète pas Sébastien : « En apiculture on ne décide de rien, c’est la nature et les abeilles qui décident, à nous de nous adapter. »

Les ruches des hortillonnages début avril

« L’an dernier à cette période on avait déjà notre premier essaimage, explique Matthieu, c’est-à-dire qu’une fois que la colonie s’est bien développée, la ruche décide de faire une nouvelle reine. Elle se divise alors en deux. L’ancienne reine part avec une partie de la colonie et c’est comme cela que vous allez retrouver un essaim d’abeilles dans votre arbre .»

Partir, c’est ce que s’apprêtent à faire les deux hommes qui ont pour projet de quitter l’éducation nationale pour se consacrer à l’apiculture. Pas surprenant quand on sait que le grand-père de Sébastien et l’oncle de Matthieu étaient aussi apiculteurs. Pour que leur projet se concrétise, ils envisagent de construire un bâtiment technique afin de centraliser leur production.

Les cadres de la ruche

Lorsqu’ils se sont formés à l’Union Syndicale des Apiculteurs Picards en 2013, ils ne pensaient pas une seconde en faire un métier. D’une ruche, ils sont rapidement passés à deux puis trois. Le rucher s’est agrandi comme la demande. Ils s’occupent désormais d’une centaine de ruches réparties sur Amiens et ses environs, aux Hortillons et au zoo.

Et pas question de mélanger les ruchers, chacun a sa spécificité : « Tous les ans on n’a jamais le même miel. Par exemple au zoo, selon la floraison des tilleuls, ils n’auront pas la même couleur, pas la même texture, pas le même goût d’une année sur l’autre. » explique Sébastien. Des produits uniques, comme les bougies et les savons qu’ils fabriquent à partir de la cire de leurs abeilles. Les deux hommes ne proposent que des produits issus de leur production, y compris les bonbons au miel.

Retrouvez les goûts et couleurs de Sébastien et Matthieu ici et le site internet de l’Ilot-Miel.


Julien Benesteau

Crédits photos : Léandre Leber

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