Gastronomie : Un bout de Québec à Amiens

Un voyage au Québec il y a 12 ans avec des amis, une découverte culinaire inoubliable, un peu de réflexion et la voila, la cabane à poutines est née ! Rencontre avec son fondateur, Amaury Plontz.

« Il y a une douzaine d’années, j’étais parti en vacances au Québec rejoindre ma sœur et des copains, j’y ai découvert la poutine, et j’ai adoré ça ! Quelques années plus tard, on avait des étudiants québécois dans notre promotion, et ils ne trouvaient pas en France de quoi faire leur spécialité. C’est de là que vient l’idée de créer un restaurant de poutines » nous raconte Amaury Plontz, le fondateur de la cabane à poutines à Amiens. Avant la création du restaurant, le phénomène de la poutine était à peine existant en France, avec seulement deux restaurants sur le territoire. La cabane à poutines fut le troisième du genre, et pour le plus grand plaisir des Amiénois, le restaurant ouvrit ses portes en plein quartier Saint-Leu, cœur festif de la ville. Difficile de se faire une réputation au commencement, surtout avec un produit très méconnu des Français. « Le marché de Noël a un peu fait connaître notre restaurant, même si ça a mis plus d’un an à vraiment prendre forme, avant que les gens comprennent que ce n’était pas un bar russe. Vladimir Poutine, voilà quoi » aborde avec humour Amaury Plontz.

Des frites maison, du fromage local, que voulez-vous de plus ?

Des produits locaux, mais pas que !

Difficile de trouver les produits authentiques pour réaliser une vraie poutine canadienne, mais cela n’a pas freiné les ambitions d’Amaury qui mélange produits locaux et produits québécois pour donner naissance à ses poutines. « Dès le début, je voulais faire du frais et du local le plus possible. Évidemment, les spécialités québécoises, on les importe, comme les bières artisanales, les produits à base d’érable également. Mais le reste, c’est du local, notamment le plus gros, les pommes de terre. C’est un agriculteur qui se situe à 15km d’Amiens, niveau local on fait difficilement mieux. Il nous livre deux fois par semaine. Et c’est vraiment des frites maison, on les achète à l’état brut, on les épluche, on les lave, et on les cuisine. Le fromage en grain était assez difficile à trouver, on a cherché longtemps la bonne recette avec un fromager, avec l’aide de quelques Québécois aussi. Depuis, c’est ce fromager de l’Oise qui nous livre chaque semaine en frais». En plus d’une envie de local, la cabane à poutines s’inscrit dans une logique éco-responsable depuis son lancement, avec des boîtes recyclables, des fourchettes en carton et d’autres objets biodégradables.

Les bières artisanales sont directement importées du Québec !

« Covid ou non, le projet est de s’agrandir ! »

Comme dans de nombreux restaurants, le covid est venu mettre un énorme coup d’arrêt sur le chiffre d’affaires du restaurateur. Et pourtant, l’année 2020 commençait très bien pour Amaury et ses employés « Ce qui nous embête, c’est qu’on était en belle progression, la rentrée 2019 était vraiment bonne par rapport à l’année précédente. Le premier confinement nous a vraiment stoppé dans notre progression. On en a profité pour faire quelques travaux, se remettre à jour dans les papiers, pour mieux attaquer le retour à la « normale ». Nos plus gros mois, c’est septembre, octobre, décembre normalement. Mais bon avec ce contexte, c’est forcément plus compliqué » avance l’Amiénois d’origine. Pour autant, Amaury Plontz reste confiant quant à son projet d’exportation « Covid ou non, le projet est de s’agrandir, alors oui le délai est décalé avec la pandémie, mais on garde ça en tête ! Idéalement, à Lille ça pourrait être pas mal, pourquoi pas Rouen et Reims où on nous demande régulièrement si on va s’installer bientôt. Mais Lille est bien plus attrayant, on verra comment ça évolue». De bonne augure pour la suite !

Retrouvez les goûts et les couleurs d’Amaury ici.


Arthur Lasseron

Crédit photo : Arthur Lasseron – Dicila.media

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