Culture : Léandre Leber, « Je ne dessine que ce qui m’entoure »

Léandre Leber, personnage protéiforme d’Amiens, tantôt photographe, journaliste, mais également artiste, expose sa série de dessins #Coeurfinement à La Coloc. Habitué à se tenir derrière l’objectif, il se livre ici à l’exercice de l’entretien et nous dévoile les secrets de cette exposition très personnelle.

« L’exposition à la Coloc regroupe une série de dessins que j’ai fait depuis le premier confinement et que j’ai ensuite retravaillé lors du deuxième. C’est une série que je dis poétique, dans le sens où ma gestuelle est équivalente, tant sur l’écriture que sur le dessin, c’est juste une grammaire différente. Ce geste très « fluent » que je peux avoir me permet de dessiner très librement et de façon extrêmement simple les émotions, voir ce que moi j’appelle « l’espace du sensible » et de pouvoir toucher la commissure des lèvres, ou le sourire des gens que ce soit avec un poisson ou que ce soit avec un mot, M-O-T-S même si ça parle des M-A-U-X. ». Voilà comment Léandre Leber présente cette exposition, SON exposition. Derrière chaque dessin « il y a un ou des messages » pour celui qui s’est autorisé à inventer des mots avec « L’écume des jours » de Boris Vian.

Léandre Leber

« Je dessinais dans ma voiture à l’encre de Chine »

Cette exposition s’inscrit dans un processus d’introspection personnelle et artistique démarré il y a une vingtaine d’années. « J’ai repris des études en 99, à partir de là on peut dire que j’ai commencé à dessiner très régulièrement. En fac d’art, j’ai compris que je ne savais pas colorier et que j’avais envie de pouvoir dessiner partout. Puis, j’ai été retenu pour un documentaire diffusé sur Arte en 2004,  » Nos inquiétudes « , sur la psychanalyse et j’ai commencé à dessiner la mienne. Je dessinais dans ma voiture à l’encre de Chine, dans des grands formats, des formats raisins que je posais sur mon volant, la voiture a été un peu tâchée. Après j’étais à vélo, donc j’ai dessiné dans des carnets  » moleskine  » ».

« La couleur c’est vraiment la révolution 2020 »

« Je ne dessine que ce qui m’entoure » glisse cet Amiénois d’adoption fier de sa ville. On retrouve d’ailleurs la tour Perret et la cathédrale au milieu de l’univers métaphorique de l’artiste. Parmi les autres symboles récurrents de son œuvre, on trouve notamment des fleurs et des poissons. « Dans mes premiers dessins il était au bout d’une laisse, le poisson se baladait dans l’air comme un ballon de baudruche. Maintenant, il n’a plus de laisse, mais il vole toujours dans l’air. Pouvoir vivre dans deux états différents et opposés, j’ai toujours trouvé ça amusant, c’est peut-être le grand écart que j’apprécie, de pouvoir aimer l’art et le sport, d’aimer le chaud et le froid. » sourit Léandre.

Les œuvres se créent au gré des émotions de l’homme, il raconte le plaisir du monotype : « quand je commence un monotype, je ne sais pas comment il va se finir. Je ne suis jamais certain du trait final et du rendu final, parce que le trait va se charger d’une encre que je ne vois pas au verso de la feuille. Cette richesse aléatoire, cet accident heureux a un vrai sens de créativité. C’est un trait qui se charge de son histoire. La couleur c’est vraiment la révolution 2020, parce que pendant 20 ans je n’ai jamais mis de couleur ».

Yasmine Dick, manager de la Coloc

Il y a de l’amour dans l’air

Empreints de poésie, les tableaux de Léandre se prêtent à la période de la Saint Valentin, « Quand je dessine, c’est comme envoyer un SMS à sa compagne ou à son compagnon, lorsqu’on le reçoit, on sourit. On sourit, 2 secondes, 3 secondes et après on revient à la réalité, mais le petit instant de bonheur que l’on reçoit fait du bien, il réchauffe ». Et si le cœur vous en dit, vous pouvez toujours acheter l’un des tableaux de l’exposition ou tenter de remporter le jeu concours organisé par DJ Agency sur Facebook.

L’exposition à La Coloc est ouverte jusqu’à la fin février.

Retrouvez les goûts et les couleurs de Léandre ici.

Julien Benesteau

crédit photos Dicilà media

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