Tourisme : Quel Cirque !

Le Cirque Jules Verne et sa majestueuse colonne.

Véritable chef-d’œuvre au cœur de la ville, partez aujourd’hui à la découverte du Cirque Jules Verne.

Il est l’un des derniers édifices « en dur » de ce genre en France, il constitue l’un des joyaux architecturaux d’Amiens et surtout, il possède le nom d’un des plus grands écrivains de la planète : le Cirque Municipal Jules-Verne possède tout pour être un des emblèmes d’Amiens. Découvrez les débuts insolites d’un symbole amiénois !

Un début de chantier chahuté


Avant la construction du cirque actuel, des édifices temporaires en bois existaient sur l’esplanade Longueville à l’occasion de la Foire de la Saint-Jean, avant l’apparition d’un édifice en bois permanent en 1874, permise grâce à la Société de Cirque créée en 1865. Après plusieurs années de bataille, les partisans d’un cirque durable furent entendus par le maire républicain de l’époque, Frédéric Petit, qui décida la construction d’un bâtiment qui fit beaucoup parler de lui.
En effet, les détracteurs du projet, notamment les opposants politiques à Frédéric Petit, dénoncèrent le coût du projet, pharamineux selon eux (815 630 francs), et la précarité de l’édifice : avec la voie ferrée en dessous, les opposants au cirque estimaient que l’édifice ne tiendrait pas. Qu’à cela ne tienne, Frédéric Petit persista et signa. La construction du Cirque débuta en 1987 et eut pour architecte Émile Ricquier qui dut faire face à de nombreuses conditions pour faire aboutir l’une des œuvres de sa vie.

Une construction sous conditions


Émile Ricquier, l’architecte en chef du Département de la Somme, dut faire face à de nombreuses clauses pour la construction de son bijou. Une condition de date : l’échéance de 1889 répondait au Centenaire de la Révolution française et de la Foire de la Saint-Jean de cette année-là. Techniquement, l’éclairage électrique fut imposé au détriment de l’éclairage au gaz, la Féé Électricité étant alors en pleine expansion. Émile Ricquier eut l’ingénieuse idée d’intégrer dans un seul et même bâtiment la salle de spectacle, les loges d’artistes mais aussi les écuries (contrairement à d’autres cirques). Surtout, un élément de taille chamboula la construction du Cirque : son architecture.
Le projet de style régionaliste d’Émile Ricquier se heurta à un architecte national, alors rapporteur du Conseil Général des Bâtiments Civils : Charles Garnier, l’homme du plus célèbre Opéra français à Paris. Ce dernier imposa un style architectural néoclassique ; le Cirque d’Été parisien de Jacques Hittorff fut le modèle du nouveau projet amiénois. L’entrée de cet édifice polygonal à 16 pans rappelle un temple antique avec ses colonnes aux chapiteaux d’ordre composite et ses deux griffons, animaux mythologiques par excellence. Mais les débuts du Cirque seraient incomplets sans l’intervention d’un homme, conseiller municipal depuis 1888 et célèbre écrivain : il s’agit, bien entendu, de Jules Verne.

Le plus ardent défenseur


Face à la déferlante des détracteurs du projet de Cirque municipal, Jules Verne va s’ériger en rempart pour défendre ce qui fut sans aucun doute l’un de ses monuments préférés, à tel point qu’il intégra les Cirques Amiénois dans deux de ses romans, Mathias Sandorf et César Cascabel. Le 23 juin 1889, il eut l’immense honneur de prononcer le discours d’inauguration du Cirque Municipal d’Amiens. Dans cette envolée lyrique, Jules Verne utilise le style césarien, à savoir qu’il parle de lui à la troisième personne. Après avoir détaillé l’ancienne apparence de la place Longueville et les évènements accueillis au sein du Cirque en bois construit en 1874, il s’évertua à vanter les mérites du nouveau Cirque municipal. Le présentant comme un « narghilé » (instrument pour fumer du tabac), l’orateur utilisa des mots enjoliveurs (« harmonieuse », « monumental ») et remercia les auteurs de cette œuvre importante, des ouvriers à l’architecte en passant par le maire Frédéric Petit. Il fit la plus belle des descriptions que l’on peut avoir de notre Cirque et fit référence aux détracteurs en leur démontrant que sous les applaudissements des personnes présentes ce soir-là, le Cirque était toujours debout ! Exigée, chahutée et aboutie, la construction du Cirque municipal d’Amiens fut un des événements importants de l’Histoire d’Amiens. L’édifice trouva en Jules Verne son défenseur le plus motivé. En 2003, soit 114 ans après son inauguration, la Ville d’Amiens lui rendit hommage en associant son nom à l’un des monuments préférés des Amiénois.


Le discours de Jules Verne est visible sur www.issuu.com/cijv/docs/discours_cirque.


Mathieu ZANETTI

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