Tourisme : Balade en barque dans les hortillonnages avec Paco

La deuxième saison des barques des hortillonnages, au départ du jardin des vertueux a débuté le 19 mai. Dépaysement garanti, le temps d’une balade au fil de l’eau dans un cadre exceptionnel, où la faune et la flore se donnent à voir sur leur meilleur jour.

En cette matinée de juin, le soleil est au beau fixe. Un parfum d’été souffle sur le jardin des vertueux. C’est de ce petit coin de paradis, aux airs de Bayou – les alligators en moins – que les visiteurs embarquent pour une découverte des hortillonnages. Ce matin là, les barques qui ne peuvent contenir que quatre passagers en raison des restrictions sanitaires, sont pleines. Parmi les chanceux, on trouve un groupe d’amis normands et un couple de Bretons venus découvrir Amiens et sa région. Installés dans l’une des six barques à propulsion électrique de Pascal Goujon, dit Paco, les touristes s’apprêtent à vivre une promenade bucolique de deux heures.

Les gilets orange et rouge attendent patiemment de pouvoir embarquer

Suivez le guide

Nous embarquons avec Paco. Le jardinier-batelier arpente les hortillonnages depuis 1992, sans jamais s’en lasser : « j’ai lu un seul livre plusieurs fois dans ma vie, à part le Coran, c’est Candide. Je cultive la naïveté, je lui donne à manger, à boire, tout ce qu’il faut pour rester frais, pour ne pas aigrir.

La barque s’engage sous le « pont d’eau chaude », passage obligatoire pour rejoindre le cœur des hortillonnages. Le nom de ce pont SNCF est propre aux hortillonnages, comme l’explique Paco :  » Il y a un puits juste derrière, jadis quand on était encore à la vapeur, les locomotives s’arrêtaient ici, assez loin de la gare de triage pour faire le plein d’eau. Avant de faire le plein de leur cuve, elles vidaient leur reste d’eau chaude et les enfants du secteur venaient se baigner. » L’intérieur du pont, repère des chauves-souris, est recouvert d’une fresque aux couleurs des lieux emblématiques d’Amiens.

Paco, puits de savoir

Balade sous le signe du plaisir

Soudain, au détour d’un rieu, l’oiseau blanc apparaît. Majestueux, il est suivi de près par des têtes grises. La famille cygne, au complet, nous guide à travers les jardins. Les amateurs d’ornithologies en ont pour leur argent. Martin-pêcheur, sarcelle ou encore grèbe castagneux ont élu domicile dans le marais. La balade se poursuit au rythme de la nature. Le fleuve, l’étang de Clermont et les multiples îles du marais, sur lesquels Paco propose à ses clients de s’arrêter boire une boisson chaude, avant de repartir en direction du jardin des vertueux.

Soucieux de la préservation du marais, Paco fabrique des pontons d’embarquement et aménage des berges. Ainsi, il contribue à sa manière à l’équilibre écologique des hortillonnages, auquel il est très attaché : « C’est assez facile de s’émerveiller de la création, du végétal, c’est très beau, il y a des choses extrêmement complexes qui se passent dans la nature sans le moindre milligramme d’intervention humaine. Là en ce moment, ce qui m’émerveille le plus, c’est qu’on est dans un marais, et on ne se fait pas dévorer par les moustiques, parce qu’il y a un équilibre écologique avec les poissons qui vivent dans l’eau, c’est-à-dire que les larves de moustiques commencent à se développer là et c’est exactement le moment où il commence à y avoir tous les petits alvins de l’année. »

Les balades en barque s’effectuent uniquement sur réservation.

Julien Benesteau

crédits photos : Léandre Leber

!Signaler

Envoyer un message