TOURISME : De « chouettes » adieux !

Quatre jeunes chouettes de l’Oural, nées pendant le confinement au zoo d’Amiens Métropole, viennent d’être confiées à une association allemande qui veut réintroduire ce rapace nocturne dans la forêt de Bavière. C’est la première fois que des animaux nés en captivité à Amiens vont être relâchés dans la nature.

Le hasard a bien fait les choses. Au moment où le zoo d’Amiens Métropole cherchait un autre parc zoologique pour accueillir ses quatre chouettes de l’Oural, nées le 24 avril dernier, il a été contacté par une association allemande qui réintroduit précisément cette espèce dans les forêts bavaroises, d’où elle a disparu il y a un siècle. L’association VLAB, que l’on peut traduire par association pour la conservation des paysages et la protection des espèces en Bavière, a fait le voyage ce mercredi 15 juillet pour venir chercher les jeunes rapaces, issus de la même fratrie. « Il y avait deux critères à remplir : que les chouettes aient moins de 70 jours et qu’elles n’aient pas été élevées par des humains » explique Pierre Bouthors, chargé de communication du zoo d’Amiens Métropole. Pourquoi moins de 70 jours ? « Parce que c’est l’âge où elles quittent normalement leurs parents ». Quant à l’intervention de l’Homme, elle s’est limitée à la préparation des plateaux-repas fournis à cette famille de chouettes comme aux autres espèces. « Dans la nature, les aînés auraient sûrement mangé les plus petits. Là, tous ont été bien nourris et ont pu grandir vite et bien ». D’autant que ces bébés chouettes de l’Oural n’ont pas été dérangés par les visiteurs, le parc zoologique étant resté fermé jusqu’au 2 juin à cause de la pandémie. « D’ailleurs, nous avions remarqué avant le confinement que les parents avaient fait leur nid tout près d’une allée. Nous étions en passe de le déplacer pour leur garantir plus d’intimité quand nous avons dû fermer » se souvient Pierre Bouthors.

Élevages conservatoires

Les premières semaines d’existence de ces jeunes chouettes de l’Oural ont donc été on ne peut plus tranquilles, à l’abri du bruit et des regards des visiteurs. Depuis la réouverture le 2 juin, la donne a forcément changé un peu, mais le principal est ailleurs. « Une réintroduction en milieu naturel, c’est une victoire et c’est même une première pour nous, sûrement pas la dernière ! » indique le chargé de communication du zoo d’Amiens. « On a l’habitude ici des élevages conservatoires, on élève en captivité des petits avec l’espoir qu’un jour ils puissent retrouver la liberté. On leur offre un plan B, un filet de sécurité. Et en parallèle, nous finançons des associations qui sanctuarisent des lieux dans le monde ou bien qui s’occupent d’espèces menacées ». Et le zoo d’Amiens devrait bientôt recevoir de chouettes nouvelles car la même association a déjà « pucé » (NDLR : équipé de puces électroniques) l’an dernier de jeunes animaux, ce qui permet de connaître leur localisation une fois lâchés dans la nature.

Léandre Leber et Vincent Delorme
Photos : Elie Leber – Dicilà

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