Tourisme : La Maison de la Culture, parcours étonnant d’un emblème d’Amiens

Sa façade est sans aucun doute l’une des plus insolites de la ville. Sa place centrale dans la vie culturelle est incontestable. Sa programmation est variée, pour tous publics. La Maison de la Culture d’Amiens a plus de 50 ans. Contemporaine, elle n’en reste pas moins un monument incontournable d’Amiens. De sa genèse à aujourd’hui, partez à la découverte d’un édifice méconnu !

Débuts théâtraux

Pour comprendre les raisons de la construction de la MACU d’Amiens, il faut remonter à la Seconde Guerre mondiale. L’ancien théâtre municipal de la ville, dont la superbe façade est toujours visible rue des trois cailloux, fut incendié pendant le conflit. Cette tragédie priva les Amiénois d’un des plus grands lieux culturels de leur cité. La reconstruction laissa peu de chances à l’édification nouvelle d’un théâtre, les finances étant alors orientées vers le relogement des habitants notamment.

Le manque d’un théâtre a sans doute joué dans la décision de construire une Maison de la Culture. Dans les années 1960, les projets des Maisons de la Culture parsemèrent le pays, programme du IVème plan de la décentralisation. Celle d’Amiens fut la première à avoir été installée dans un édifice conçu pour cette fonction. Œuvre de trois architectes, Pierre Sonrel, Jean Dutilleul et Marcel Gogois, la MACU fut inaugurée le 19 mars 1966 par le ministre des affaires culturelles, André Malraux.

Architecture insolite pour la Culture

Il faut s’imaginer la Maison de la Culture d’Amiens d’origine sans l’écharpe de verre qui l’enveloppe. En effet, l’édifice de départ était constitué d’un bâtiment en béton dont les baies vitrées étaient l’un des éléments forts. Derrière, se dresse une haute tour, elle aussi en béton et qui contient une cage de scène. Les lieux intérieurs sont tous des temples des cultures : deux théâtres, le cinéma Orson Welles ou encore un studio d’enregistrement.

L’Art Contemporain a toujours eu une place de choix dans ce lieu moderne. L’architecture intérieure allie monumentalité et formes épurées. L’extérieur fut occupé pendant quelques temps par des sculptures du XXème siècle. D’ailleurs, la Demeure n°IV, appelée aussi Demeure Lanleff, sculptée par Étienne Martin, trônait sur la place Léon Gontier avant d’être déplacée devant… l’église Saint-Leu !

La MACU en l’An 2000

Aujourd’hui, la Maison de la Culture ne se conçoit pas sans son écharpe de verre. Miroir reflétant les alentours de l’édifice, la structure bleutée est accompagnée de l’Ode à Paniowski de Warren Langley, œuvre en hommage à Jules Verne. Ce dernier aurait été ravi de voir cet édifice moderne éclore, avec toutes les cultures qu’il puisse accueillir.

Véritable chantre des cultures, l’écrivain prédisait dans son ouvrage Amiens : Une Ville Idéale en l’An 2000, la possibilité de retransmission du même événement dans plusieurs endroits du globe. Chose désormais possible avec un lieu comme la Maison de la Culture d’Amiens. Mieux, le Festival International du Film d’Amiens est en total accord avec l’idée universaliste de Jules Verne concernant les cultures du Monde.

Véritable édifice de la reconstruction d’Amiens, la Maison de la Culture d’Amiens a su innover, que ce soit pour sa programmation ou pour son architecture insolite. Lieu de rencontres et de point de départ des manifestations amiénoises, la place de la MACU et le monument qui la borde sont aussi la porte d’entrée de Saint-Jacques, quartier lié de façon quasi intégrale à la reconstruction d’après-guerre.

Crédit photo : Dicila.media

Mathieu ZANETTI

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