Tourisme : L’Art Déco à Amiens, plongée dans les Années Folles

Elles sont présentes dans des dizaines de rues d’Amiens. Leurs formes géométriques et leurs décors floraux en font leur identité. Les façades Art Déco Amiénoises racontent des anecdotes et ont une histoire commune, celle de l’entre-deux-guerres à Amiens. Panorama de trois lieux symboliques de ce courant artistiques majeur du XXème siècle.

De l’Art Déco partout

Les rues d’Amiens ont toutes des histoires à nous raconter. L’une d’entre elles est sans aucun doute la plus marquante tant sur le plan architectural qu’au niveau des épisodes de la vie quotidienne Amiénoise : bienvenue dans la rue Ernest Cauvin, en plein centre-ville ! Construite après la Grande Guerre, elle faisait partie d’un grand projet d’urbanisme de Louis Duthoit, architecte Amiénois. Pour des raisons financières, ses propositions pour le centre-ville furent réduites à néant. Enfin presque. En effet, la rue Ernest Cauvin fut tracée à la place approximative d’un ancien passage couvert détruit et présente encore aujourd’hui des façades de l’entre-deux-guerres.

Les histoires ne manquent pas ici, à commencer par l’épopée cinématographique représentée par l’ancien cinéma Le Picardy, dont la façade en forme de hublot de navire (l’Art Déco eut pour référence le décor Paquebot) est la plus insolite de la rue. Face à lui, se dresse une façade à l’architecture si intéressante qu’elle fut primée : en effet, un concours fut organisé après la Grande Guerre pour récompenser les façades les plus « stylées ». Dans la maison à l’angle de la rue des Jacobins, dont la façade fut elle aussi primée, des Résistants s’y réunirent pendant la Seconde Guerre mondiale.

L’époque des garages

Deux garages importants existaient au centre-ville, dont l’un demeure toujours actif. À l’angle de la rue Ernest Cauvin et de la rue des Trois Cailloux, la haute façade des Grands Garages de Picardie présentait une vitrine d’exposition de voitures au rez-de-chaussée (l’architecture est encore visible) tandis que le garage Citroën correspondant à ce magasin se trouvait à l’emplacement du Cinéma Gaumont actuel, à côté de la gare. Le magasin d’exposition et le garage, appartenant à la famille Corroyer, étaient tous les deux de style Art Déco.

Rue des Otages, c’est un autre style de garage qui vous attend : celui des frères Gueudet. L’architecture Art Déco est évidente. Mais la fonction diffère de celle des Grands Garages de Picardie dans la mesure où le bâtiment Gueudet faisait office de garage et de lieu d’exposition. Mieux, ce lieu pouvait accueillir plus de 1 000 voitures ! De plus, l’angle arrondi de l’édifice donne à l’ensemble un côté imposant et harmonieux. Si vous jetez un œil dans le hall, en haut des marches, vous apercevrez le sigle de Renault en forme de losange. La mode des garages en centre-ville déclina, ces lieux se délocalisant surtout en périphérie.

Les Nouvelles Galeries

L’histoire des Nouvelles Galeries commence avant la construction du monument que l’on connaît rue des Trois Cailloux. À la fin du XIXème siècle, cette marque de magasin fit construire un édifice dans la même artère, plus proche de la rue Ernest Cauvin. La Grande Guerre entraîna de nombreux changements comme l’élévation des Nouvelles Galeries Art Déco que l’on connaît encore de nos jours, rue des Trois Cailloux, rue des Corps Nuds Sans Teste et rue des Jacobins. Détruites de façon importante pendant le second conflit mondial, elles furent reconstruites.

L’architecture et le décor Art Déco font de cet édifice un des emblèmes de la rue des Trois Cailloux. Les lettres N et G, nombreux sur les façades, renseignent sur le nom de ce lieu. Les courbes sont symboliques de cet Art qui connut son Âge d’Or pendant l’entre-deux-guerres. À l’intérieur, la hauteur du plafond est à couper le souffle : cette caractéristique renvoie aux grands magasins parisiens dont les Nouvelles Galeries font partie. Les fleurs sont parsemées un peu partout. Et surtout, si vous avez l’occasion de monter sur les toits de cet édifice, vous aurez l’une des plus belles vues sur la Cathédrale Notre-Dame d’Amiens.

Après la Grande Guerre, Amiens doit se reconstruire. Le temps est à la métamorphose du centre-ville mais aussi et surtout à l’esthétisme. L’Art Déco fut la meilleure réponse artistique au conflit destructeur que connut la Somme entre 1914 et 1918. Tout comme les églises Samariennes, les rues d’Amiens connurent un renouveau architectural encore visible de nos jours, pour le plus grand plaisir des passants ! 

Mathieu ZANETTI

Photos : Dicila.média

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