Tourisme : Une visite au zoo… pour rugir de plaisir !

Après la rentrée et avant la fermeture hivernale, le parc zoologique d’Amiens Métropole est une belle idée de sortie exotique à deux pas du centre-ville. Coup de projecteur sur trois espèces qui valent particulièrement le coup d’oeil : les manchots, les addax et les derniers arrivés, les imposants tigres de Sumatra.

En novembre viendra le moment de souffler la première bougie de l’emménagement de Menya et Tilak, la tigresse et le tigre de Sumatra. Voilà les pensionnaires désormais les plus prisés des visiteurs, nouveauté oblige. « Leur arrivée a même changé notre perception du zoo » reconnaît le chargé de communication, Pierre Bouthors. « Ce félin a un charme fou, je suis subjugué » confie-t-il. Les changements en question concernent surtout la sécurité car si la pandémie de Covid-19 entraîne les mesures sanitaires que l’on connaît, la présence de deux tigres a obligé le zoo à renforcer ses protocoles de sécurité. La sécurisation de leur enclos a nécessité deux ans de réflexion ! « Leur enclos mesure 4,50 mètres de hauteur car il faut savoir que ces tigres peuvent bondir à 3 mètres. En plus, du fil électrique a été ajouté. Nous avons même électrifié un arbre, car le parc du Yorkshire (Angleterre) où vivait auparavant Menya, nous avait prévenu qu’elle grimpait aux arbres. Mais cet arbre, on refuse de le couper car il fait partie des arbres remarquables du parc ». Et Pierre Bouthors ajoute que « le jour où l’on a un problème électrique, on ne sort pas les tigres. C’est dommage pour le public, mais on ne peut pas prendre de risque avec la sécurité »(*)

« Le plus grand point de vision de tigres en Europe »

Pour admirer les tigres, trois points de vision ont été aménagés. « Le plus grand est constitué d’une vitre de 10,50 mètres de long. Ce qui en fait le plus grand point de vision d’Europe pour des tigres » se félicite le chargé de communication du zoo amiénois. Depuis l’ouverture du zoo après l’hiver, le 1er février jusqu’au confinement, mais surtout depuis la réouverture début juin, ce point de vision a vu des milliers de visiteurs s’agglutiner derrière sa vitre en méthacrylate, un matériau proche du plexiglas, mais réputé pour sa transparence quasi-parfaite. « Les points de vision ont été pensés pour que les deux tigres se sentent bien. Cela dit, ils préfèrent les deux plus petits, parce qu’il y a davantage d’ombre et de reliefs » constate Pierre Bouthors. Et au moment de rentrer pour la nuit, c’est avec de la nourriture que les deux tigres de Sumatra sont attirés à l’intérieur : « ce qui marche toujours pour Menya alors que Tilak n’a pas toujours envie, donc les soigneurs terminent parfois leur journée à 20 heures au lieu de 19 heures… »

En mode chasse

« Quand j’ai entendu rugir l’un de nos deux tigres pour la première fois, ma seule envie était de me sauver ! Leur présence ici renvoie à nos peurs primaires, à nos instincts. Il ne faut pas oublier qu’à la base, on peut être leur proie. On les adore mais on doit se rappeler à chaque instant qu’il faut faire très attention » souligne celui qui a eu le loisir de les observer au quotidien pendant le confinement puis cet été. « Menya fait constamment des numéros de charme…juste pour nous piéger ! Elle est terrible, adorable, mais terrible ! Un jour où l’on accueillait une personne malvoyante avec son chien, elle s’est tout de suite mise en mode chasse. Elle aurait bouffé le chien ! Une vraie machine à chasser… Tandis que Tilak, le mâle est différent, plus en mode t’approche pas trop, je t’aime pas trop… » sourit le chargé de communication. Et après les beaux jours, quand le temps va se refroidir, tout a été pensé pour que les deux félins passent un hiver confortable : ils pourront se hisser sur les rochers chauffants installés dans leur enclos.

Préservation des espèces

Les addax font quant à eux partie des meubles, au parc zoologique d’Amiens. Cette espèce de grande antilope blanche, avec des cornes en forme de lyre, est en voie d’extinction dans son milieu naturel, à la limite du Sahara. « Alors on été très fier d’assister à la naissance d’un petit addax à la mi-mars » indique Pierre Bouthors. Le zoo s’inscrit dans un programme de préservation de l’espèce. « Chaque année, un coordonnateur européen définit que tel mâle doit se reproduire avec telle femelle. Puis décide d’arrêter quand les deux sont assez représentés génétiquement » explique-t-il, fier qu’à Amiens, on recense deux fois plus d’addax que dans leur milieu naturel, au Niger selon un comptage de 2016 !

Dans la Plaine, l’enclos préféré de Pierre Bouthors, vivent aussi des gazelles dorcas, le plus petit bovidé du Sahara. « Elles font partie d’un programme de reconstitution de l’espèce, géré par le zoo espagnol de Jerez de la Frontera (Xérès en français NDLR), en Andalousie. Comme à Amiens, nous sommes engagés dans la préservation des espèces, le zoo de Jerez nous a proposé d’accueillir des gazelles dorcas. Du coup, nous sommes les seuls en France à en élever » se réjouit-t-il avant de nous emmener vers la nouvelle zone Rivages, inaugurée cette année.


Les manchots plus à l’aise

C’est là que se trouve la baie des manchots, l’espace des manchots de Humboldt, aménagé en 1999, a été rénové et même agrandi l’hiver dernier. Victime de la surpêche, l’espèce est également en forte régression. « Obnubilés par l’arrivée des tigres, nous avons un peu sous-estimé l’attraction que représentent les manchots » reconnaît notre guide. « A leur façon de s’approprier leur nouvel espace, on les a sentis rapidement plus à l’aise. Ils glissent dans l’eau comme dans leur milieu naturel. Je les redécouvre… » avoue le chargé de communication, ravi de voir les manchots aller « davantage à l’eau que dans leur ancien bassin où ils squattaient surtout la partie émergée, près des nids ». Car, s’il ne vole pas, contrairement au pingouin, le manchot reste un oiseau. Hareng, sprat, capelan et sardine régalent les papilles des manchots. Même si leur nourrissage reste moins spectaculaire et arrosé que celui des otaries !

(*) : début juillet, une gardienne du zoo de Zürich a été attaquée et tuée par une femelle tigre de Sibérie.

Vincent Delorme et Léandre Leber
Photos Dicilà : Elie Leber – Dicilà

Tarifs d’entrée du parc zoologique d’Amiens Métropole
16 ans et + : 7,50 €
De 3 à 15 ans : 4,50 €
Moins de 3 ans : gratuit
Et possibilités de nombreux tarifs réduits : lycéens, étudiants, demandeurs d’emploi etc. A noter que pour les journées du patrimoine un tarif à 1€ sera proposé.

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