Tourisme : Une Tour nommée Perret

Elle est sans aucun doute l’un des symboles d’Amiens après la Cathédrale Notre-Dame : la Tour Perret pointe son sommet de 110 mètres de hauteur, cube de verre compris, faisant de ce monument LE phare contemporain d’Amiens. Découvrez l’histoire, parfois secrète, de cet emblème qui se pare de couleurs la nuit tombée.

Après les ravages, la Reconstruction

Durant la Seconde Guerre mondiale, le centre-ville d’Amiens fut détruit à plus de 60 %. La grande majorité du noyau urbain était un champ de ruines, plusieurs monuments étant encore debout comme la Cathédrale Notre-Dame, le Beffroi (sans son dôme) ou encore l’Hôtel de Ville.

Le quartier de la gare n’échappa pas non plus aux destructions. Pierre Dufau fut chargé, pendant le conflit déjà, du plan de Reconstruction d’Amiens. Il allait inclure la partie qui provoqua des débats passionnés : l’espace Perret dont la Tour Perret, lieu de bureaux dans le plan initial, fut l’élément principal. Célèbre architecte de l’église Notre-Dame de Raincy, qu’il conçut avec son frère Gustave, Auguste Perret était le roi du béton armé. Ce matériau très résistant et fortement développé au XXème siècle dans les constructions d’édifices imposa sa couleur au nouveau quartier de la gare d’Amiens qui devait être reconstruit. Il fut un des éléments de débat puisque dans la capitale picarde, la brique est le matériau par excellence des constructions.

Chroniques insolites d’une construction

1949-1950. Le chantier démarra et la première pierre fut posée avec pour invité, le Ministre de la Reconstruction, Eugène Claudius-Petit. La guerre était déjà finie depuis quelques années et les Amiénois avaient commencé à être relogés.

1952. La Tour était terminée. Sa hauteur de 104 m n’est pas anodine : en effet, l’une des conditions de la Tour fut que celle-ci ne dépasse par la flèche de la Cathédrale Notre-Dame d’Amiens. On organisa même une messe dans la Tour pour fêter la fin des travaux. Les Amiénois pouvaient être fiers d’avoir chez eux le plus haut building d’Europe de l’Ouest des Années 1950. Mais l’histoire ne s’arrête pas là…

1952-1959. Pendant de nombreuses années, la Tour Perret fut inhabitée. Bien que la fonction de logement fût autorisée, l’intérieur ne trouva pas preneur, en raison notamment du prix coûteux d’habiter dans la Tour ainsi que son architecture qui fit aussi des mécontents. La société immobilière de l’architecte François Spoerry racheta la Tour en 1959 afin d’y installer les premiers habitants.

Victor Eonnet, un marin amoureux d’Amiens et de la tour Perret !

Détails surprenants de la Tour Perret

Bien qu’elle accueille de nombreux logements et bureaux, la Tour Perret fut aussi un lieu touristique : en effet, pendant plusieurs années, les Amiénois et les touristes pouvaient y entrer. Des meublés de tourisme permettent aujourd’hui d’avoir des vues uniques sur la ville d’Amiens. Coiffée d’un cube de verre depuis 2005 grâce à Thierry van de Wingaert (la Tour Perret ne dépasse toujours pas la flèche de Notre-Dame d’Amiens), intitulé « sablier de verre » qui donne l’heure d’une façon surprenante avec les traits qui se superposent, la Tour Perret est entrée dans la modernité avec les couleurs qui l’habillent le soir venu. De loin, elle indique tout comme la Cathédrale notre magnifique ville d’Amiens. Et si un jour, vous avez la chance de monter dans cet édifice contemporain, vous pourrez confirmer l’adage : d’en haut, vous aurez tout r’pérer !

Mathieu ZANETTI

Crédit photo Léandre Leber

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